La Ligne de courtoisie

Auteur : Nicolas Fargues

Pays : France

Genre : Roman

Editeur : P.O.L.

Pages : 167

Publication : 2012

Date de la critique : 29/03/2012

 

La Ligne de courtoisie se présente comme un de ces nombreux romans courts à la première personne de la littérature actuelle. Son incipit inspiré et le décalage drolatique des premières séquences laissent à penser que ce roman vous laissera un agréable souvenir.

 

Il se distingue en particulier par l’objectif auquel il semble sous-tendre : prouver que la littérature peut, presque totalement, s’abstenir d’une histoire.[1] Ce défi semble, de prime abord, en passe d’être atteignable. Nicolas Fargues réalise un beau travail sur la langue, fait usage de néologismes inspirés[2]. Sous sa plume, on sent les mots vibrés avec brio.

 

La Ligne de courtoisie mélange une approche fine des tons de voix des protagonistes et une ultra-contemporanéité, un caractère urbain et plus précisément parisien, citant avenues et boulevards.

 

Pourtant, La Ligne de courtoisie s’essouffle nettement dans la seconde partie du roman, initiée par l’installation du personnage à Pondichéry. Les éclats littéraires se raréfient mais surtout l’absence de véritable histoire favorise l’ennui qui saisit parfois le lecteur.

 

Finalement, on se lasse du style « exhaudescriptif »… de l’énumération de petits objets comme une description métaphorique de la personnalité de leur propriétaire.

 

Etoiles : *

Georges-Henri Lion

 

Extraits

 

« J’ai entreposé l’article au fond du chariot, et avec le choc du mouvement lorsque j’ai repris ma déambulation à travers les rayonnages, le paquet a sèchement glissé sur la grille métallique de soutien pour terminer sa course agglutiné dans une encoignure du caddie désert, accentuant ainsi l’envergure herculéenne de la tâche qu’il me restait à accomplir. » (p.13)

 

« Un silence flottant s’en est suivi, qui rappelait un peu le retour des plafonniers après le film dans une salle de cinéma, lorsque la réalité vous réapparaît brutalement, l’espace de quelques secondes, dans sa dimension la plus pesante et la plus matérielle. » (p64)



[1] « Presque » car le voyage qu’effectue le personnage principal constitue le fil conducteur du roman.

[2] « Ordiphone » p20, « Serpillage » p148

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