Une prière pour Owen (A Prayer for Owen Meany)

Auteur / Traducteur : John Irving / Michel Lebrun

Nationalité : Américain

Genre : Roman

Editeur : Seuil, collection Points

Publication : 1989 / 1989

 

Difficile d’évoquer ce livre de John Irving sans parler de son ouverture et qui donne d’emblée une couleur étonnante à l’ensemble : « Si je suis condamné à me souvenir d’un garçon à la voix déglinguée, ce n’est ni à cause de sa voix, ni parce qu’il fut l’être le plus petit que j’ai connu, ni même parce qu’il fut l’instrument de la mort de ma mère. C’est à lui que je dois de croire en Dieu ; si je suis chrétien, c’est grâce à Owen Meany ». Il ne faut pas croire que cet ouvrage se résume à une réflexion sur la religion, il dépeint un tableau bien plus complexe. C’est avant tout une critique de la société américaine sur fond de guerre du Vietnam qui se centre sur une petite ville dont on découvre de nombreux habitants, et plus précisément deux enfants : John Wheelwright (le narrateur), garçon effacé, et Owen Meany, au caractère bien plus trempé et intrigant, à la voix stupéfiante pour un enfant de très petite taille.

 

Une Prière pour Owen décrit les liens qui existent entre ces deux amis et l’influence qu’Owen va avoir sur John. Ce qui impressionne avec John Irving, c’est la capacité qu’il a de rendre ses personnages attachants, mais aussi incroyablement réels. Même si Owen peut apparaître étrange, avec des réactions étonnantes notamment dans l’autorité, on ne peut s’empêcher de penser que sa quête de sens sur sa vie est commune à chacun d’entre nous. Les autres personnages disposent également de tempéraments bien trempés, tout en restant cohérent. Conséquence, on a l’impression d’évoluer à côté des personnages au fil de la lecture, de les connaître personnellement, et de comprendre leurs sentiments. Il est ainsi difficile de ne pas rire à la réaction de certains personnages, par exemple la grand-mère de John, délicieusement tyrannique. Les larmes ne sont parfois pas loin non plus, ainsi lorsque John livre ses sentiments les plus profonds sur ce que représente Noël pour lui : « Depuis le lointain Noël 1953, j'ai toujours considéré cette période de fête comme un enfer pour les familles qui ont subi la perte d'un être cher et qui ne sont pas au complet ; la prétendue coutume des cadeaux vaut autant pour ceux que l'on donne que pour ceux que l'on reçoit. C'est à Noël que nous prenons conscience de ce qui nous manque ». 

 

Il est donc bien difficile de ne pas être affecté par la lecture de ce grand livre. C'est un récit poignant sur l'amitié inconditionnelle, sur la foi et le rapport à la religion. Du passé au temps présent, la narration de John Wheelwright ne donne jamais l'impression d'être décousue. Et les 700 pages de ce roman passent vite, tant il est facile de s’y replonger.

 

Etoiles : ****

 

Arm Magnac

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