Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Pays : France
Genre : Nouvelles
Editeur et collection : Le Livre de poche
Pages : 216
Publication : 2010
Date de la critique : 15/02/2012
La nouvelle est en cela magique qu’elle nous emmène en quelques lignes seulement dans un univers qui lui est propre tout en nous faisant vite oublier qu’on ne s’y installe que pour quelques pages.
Concerto à la mémoire d’un ange d’Eric-Emmanuel Schmitt, prix Goncourt de la nouvelle 2010, ne déroge pas à ce plaisir en nous proposant un recueil de quatre nouvelles ayant pour fil conducteur l’évocation de Sainte Rita et le thème de la rédemption.
La Sainte des causes désespérées viendra tour à tour s’immiscer dans la vie d’une femme accusée d’empoisonner ses maris, dans celle d’un marin trop souvent absent des siens, dans celle d’un homme qu’un événement tragique a rendu amer et dans celle d’une président de la République confronté à des rapports conflictuels avec son épouse.
Le ton est à la fois humoristique et grave, interrogatif et divertissant, touchant et spirituel. Le lecteur se laisse emporter par les craintes et les envies des personnages, plus ou moins attachants. Avec eux, on s’interroge sur le meilleur chemin à prendre. Eric-Emmanuel Schmitt installe ainsi une connivence particulière entre ses protagonistes et le lecteur : leurs doutes nous sont familiers, leurs questionnements intérieurs auraient pu être les nôtres.
L’amour, au centre de chacune des nouvelles, amène son lot de surprises : tour à tour, il déstabilise, émeut, interroge et apaise les personnages. Mais il n’est parfois pas suffisant pour choisir la voie de la rédemption.
Au final, l’auteur nous rappelle que le changement demeure fragile, qu’il ne tient qu’à un fil, qu’il n’est pas toujours désiré et parfois difficile à accepter. Qu’il soit décidé ou non, il reste l’aboutissement d’un questionnement personnel fort mais aussi d’évènements que nous ne contrôlons pas et qui influent pourtant sur nos choix.
Etoiles : ***
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