Auteur : Guy de Maupassant
Pays : France
Genre : Roman naturaliste
Editeur et collection : Albin Michel / Livre de poche
Pages : 295
Publication : parution en 1883 – Edition de 1983
Date de la critique : 8 mars 2013
« Une vie… ou pas » a-t-on envie de crier à la lecture de celle de Jeanne, dont le merveilleux prénom, ne fait que souligner un peu plus son statut d’anti-héroïne provinciale et bien née. Une anti-Emma pour ainsi dire.
Une fois mariée, cette péronnelle s’engage dans une fuite en avant un tantinet pathétique, qui rythmera toute son existence, lui laissant espérer vivre le bonheur au futur mais sans jamais goûter à sa saveur au présent.
A sa décharge, la société dans laquelle elle « survit plus qu’elle ne vit » ne répond pas exactement à ses attentes de jeune fille. Un mariage raté avec un homme volage aussi rustre que pingre, un fils ingrat au sobriquet ridicule, des parents secrets, un abbé pernicieux, des hobereaux indifférents… un véritable désenchantement social pour celle qui se rêvait en princesse de Disney[1] au milieu d’un « happy end ».
Pourtant l’auteur, avec la sobriété et la minutie de son écriture, construit méthodiquement une fable sociale précise et sans concession, dans laquelle il nous explique qu’UNE vie ne se vit pas seule mais qu’au contraire, elle se symbolise par l’entrée en collision de la vie de plusieurs individus en fonction des choix qu’ils font… ou pas.
Au-delà de la description passionnante de cette Normandie humide au crépuscule du XIXème siècle, cette œuvre est également une ouverture réflexive sur l’unicité de LA vie que l’auteur conclut ainsi« La vie voyez vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit »[2].
A vous d’en jugez, bonne lecture.
Étoiles : **